"ΑΜΕΣΗ ΔΗΜΟΚΡΑΤΙΑ" ΞΕΝΟΓΛΩΣΣΗ ΒΙΒΛΙΟΓΡΑΦΙΑ. ΜΕΡΟΣ 5ο

"ΑΜΕΣΗ ΔΗΜΟΚΡΑΤΙΑ" ΞΕΝΟΓΛΩΣΣΗ ΒΙΒΛΙΟΓΡΑΦΙΑ. ΜΕΡΟΣ 5ο

Papadopoulos Yannis (1998) Democratie Directe. Paris: Economica

Paru à fin 98, un essai de Yannis Papadopoulos resitue historiquement l’institution de la démoratie directe, une invention soi-disant helvétique.
L’auteur démythifie cette démocratie modèle et explore de nouvelles voies.
Les Suisse sont fiers de leurs institutions de démocratie directe. Ils regardent même avec une certaine condescendance les démocraties purement représentatives, en quelque sorte inachevées. Dans son récent ouvrage, Démocratie directe, le politologue Yannis Papadopoulos prend la distance critique nécessaire à une plus juste appréhension de cette forme particulière de gouvernement. Une forme qui n’est ni pire ni meilleure que d’autres, mais simplement nôtre.
La démocratie directe est une idée importée
L’auteur nous rappelle d’abord que les droits populaires existent également ailleurs, même s’ils sont moins étendus que chez nous. De quoi modérer notre suffisance. D’ailleurs l’engouement pour la participation directe du peuple est un peu partout à la hausse, alors que le scepticisme à leur égard tend à se développer en Suisse.
Rappel utile également, la démocratie directe moderne n’est pas une invention helvétique. Sans les idées des Lumières et les débats sur la souveraineté populaire, ouverts par les révolutions française et américaine, la démocratie directe ne se serait pas développée en Suisse au XIXe siècle. Ë charge de revanche, la Suisse servit plus tard d’exemple à l’Amérique lorsque plusieurs de ses États entreprirent de démocratiser leurs institutions. Mais gardons-nous de croire pour autant que ce produit est sans autre exportable. La comparaison avec l’Italie et les États-Unis montre que des droits populaires identiques peuvent induire des effets fort différents.
On sait à quel point la démocratie directe a contribué à l’intégration des différentes forces politiques et sociales, les vaincus du Sonderbund d’abord, la gauche ensuite, et à forger le fameux esprit de consensus. Mais cette même démocratie directe peut également exacerber les antagonismes, favoriser les règlements de compte, exprimer une crise de la représentation, comme semblent le montrer les votations populaires en relation avec le phénomène de mondialisation.
Ce double visage de la démocratie directe, Papadopoulos en fait l’inventaire minutieux, qu’il restitue dans le vieux débat sur le rôle des élites et du peuple, sur l’exigence de participation et celle de gouvernabilité. La démocratie directe est source puissante de légitimation des décisions, mais aussi arme efficace dans les mains des intérêts organisés pour préserver leurs rentes de situation. Les possibilités accrues de participation qu’elle offre n’empêchent pas l’exclusion des groupes sociaux désavantagés. Dans un contexte d’individualisation croissante et d’affaiblissement de la solidarité, elle ne représente pas une garantie pour les droits des minorités.
L’auteur examine des solutions alternatives comme la démocratie électronique, la démocratisation de l’économie, les techniques délibératives et de négociations dans la mise en œuvre des politiques publiques. Aucune ne convainc vraiment. Si Yannis Papadopoulos se garde de nous livrer les clés de la démocratie du futur, du moins nous fournit-il les éléments d’analyse nécessaires à une réflexion collective sur le devenir démocratique du vivre ensemble.

Wolff Fabrice (2010) Qu'Est-Ce Que la Democratie Directe ? éditions anticosiales

Dès sa parution à Paris aux premiers jours d’avril 2010, ce bref « manifeste » libertaire pour la démocratie directe (qui s’appuie sur la plus moderne historiographie de la Grèce antique, et parti­culièrement d’Athènes au temps de Périclès et de Démosthène, pour tracer pour la première fois un plan synthétique des institutions fondatrices d’une authentique démocratie sociale : assemblées populaires souveraines fédérées, rotation et contrôle permanents de délégués révocables, « justice des plus démunis ») a eu une influence déterminante, par l’ampleur des discussions et la cascade de réactions qu’il a suscitées chez ses premiers lecteurs, sur l’ensemble du spectacle « politique » en France (où dans une délirante surenchère populiste, la « démocratie directe » s’est vue soudain inscrite aux listes de fausses promesses d’une myriade de petits partis, depuis le NPA néo-trotskiste jusqu’au Bloc Identitaire néonazi, en passant par le Parti pour la décroissance, écologiste-puritain, l’ex-Modem, catholique-libéral, la Droite populaire, crypto-fasciste, et même une croquignolesque Alliance royale, monarchiste ; les partis dits « de gouvernement » étant restés les seuls à ne pas s’y risquer, quoique le sujet ait été âprement débattu au plus haut sommet du Front National, l’ambitieux parti des nostalgiques de l’ordre colonial et des délateurs anonymes), et sur le mouvement social en Europe et au-delà (où la démocratie directe est cette fois expérimentée dans la pratique quand elle n’est pas déjà explicitement revendiquée par la rue, comme en Grèce ou au Québec). Il n’y a pas lieu de s’étonner de ce double phénomène : là en effet où la base prolétarisée (et la jeunesse en particulier) ne peut que s’enthousiasmer à la perspective clarifiée d’une véritable « souveraineté populaire », fondée notamment sur le rejet du « système des partis » compris comme système d’illusions idéologiques et de mensonges démagogiques, tous ces partis ou fragments de parti ne pouvaient au contraire que s’en alarmer, et se convaincre de l’urgente nécessité de se porter sur le terrain même de la menace – qu’ils croyaient définitivement ensevelie dans la fosse commune des « idéaux de Mai 68 » – pour la combattre avec l’arme dont ils sont les experts incontestés : la « récupération », ce mélange de plagiat, de falsification et de dissimulation, cocktail détonant de provocation politique et de petit commerce, dont le chef-d’œuvre le plus abouti reste l’ignoble faux antisémite Les Protocoles des Sages de Sion, devenu modèle littéraire pour plusieurs générations d’écrivains ratés, universitaires, journalistes, petits profs, qui vivent en parasites des idées nouvelles qu’ils ont pour mission d’asservir et d’exploiter, comme on fait du prolétariat dont elles émanent nécessairement. On sait cependant que si l’enseignement moderne a multiplié la quantité de ces contremaîtres de la pensée, il est très loin d’en avoir amélioré la qualité ; de sorte que là où quelques truqueurs habiles suffisaient à enchaîner des millions d’esprits révoltés, mille récupérateurs diplômés ne suffisent plus aujourd’hui à détourner de son cours le nouveau mouvement révolutionnaire mondial, dont ce livre annonçait l’irruption imminente, en définissant aussi bien sa cause la plus immédiatement fédératrice (l’exigence d’une « démocratie réelle » et non plus illusoire et mensongère) que les conditions de sa victoire (« il faudra, pour vaincre, un mouvement international ou qui, commencé à un endroit, s’internationalise rapidement. Il faudra des armes, il faudra la complicité ou la passivité d’une partie des armées »). Rien n’est gagné, bien sûr ; mais déjà la réalité s’insurge partout contre la dictature de la représentation, avec pour seules premières armes les nouvelles technologies de communication, initialement forgées comme chaînes et comme mouchards. Divers fragments de ce livre avaient été très vite publiés sur Internet par quelques-uns de ses premiers lecteurs, sans qu’ils parviennent évidemment à enrayer les grandes manœuvres de tous ceux qui au contraire ont trouvé leur intérêt à en falsifier et/ou dissimuler le contenu ; et le fait que le texte intégral soit désormais offert gratuitement en ligne, dans une version rigoureusement conforme à l’original imprimé, ne saurait pas davantage y suffire : mais participe assurément de cette insurrection.

Verhulst Jos, Nijeboer Arjen (2007) Directe democratie: feiten, argumenten en ervaringen omtrent het referendum. Democracy International

http://www.referendumplatform.nl/share/files/9_414936/Verhulst-Nijeboer-Directe-democratie.pdf

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